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Exclusion des femmes trans aux Jeux Olympiques : continuité d’un siècle de politiques misogynes.

JO 1
Image: Les Anneaux Olympiques sur la Tour Eiffel à Paris, juillet 2024.
Wikimedia Commons.

Alors qu’une polémique raciste sur les performances des boxeuses Imane Khelif et Lin Yu-ting (respectivement algérienne et taïwanaise) aux Jeux Olympiques de Paris 2024 prend une ampleur inédite, l’association Toutes des Femmes tient à rappeler ses positions sur la participation des athlètes trans et intersexes dans le sport de haut niveau.

Les réglementations qui encadrent la participation des femmes trans souhaitant participer à des compétitions sportives internationales se sont dégradées depuis les derniers Jeux Olympiques. À Tokyo, seule une athlète trans, l’haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard, avait pris part aux Jeux, alors que Chelsea Wolfe était remplaçante pour l’équipe de BMX Freestyle des États-Unis. En 2024, aucune athlète ouvertement trans ne prendra part aux Jeux Olympiques.

En 2021, le Comité International Olympique a confié aux fédérations sportives qui en sont membres la responsabilité de réglementer elles-mêmes les conditions de participation des femmes trans à leurs compétitions. Depuis, elles sont nombreuses (en natation, en athlétisme ou en cyclisme…) à avoir cédé face aux polémiques montées de toutes pièces par les militants anti-trans, et à avoir rendu impossible la participation des femmes trans à leurs compétitions.

Au même titre que tous les règlements sportifs visant à légiférer sur le corps des femmes, nous dénonçons ces exclusions pour ce qu’elles sont : des politiques discriminatoires qui font honte à l’ensemble du mouvement sportif, et aux idéaux d’inclusivité et d’universalisme qu’il se targue d’incarner. 

Empêcher les femmes trans d’accéder à la compétition est une tentative à peine dissimulée de les rattacher à leur genre assigné à la naissance. C’est aussi la preuve d’une ignorance totale sur les effets physiologiques d’une transition sur les performances sportives des femmes trans. 

Mais ce n’est pas une surprise. Ceux qui ont, ces dernières années, attaqué la présence des femmes trans dans le sport, en prétextant vouloir défendre le sport féminin, ne l’ont fait que par stratégie politique. En créant un débat sur ce sujet, ils cherchent à questionner la place des personnes trans dans la société toute entière, et non seulement dans le sport.

Pendant ce temps, les problématiques dont souffrent réellement les femmes dans le sport de haut niveau — telles que le manque d’investissements, les cas encore beaucoup trop nombreux de violences sexistes et sexuelles, ainsi que les nombreux problèmes de racisme — restent la plupart du temps sans attention médiatique, ni réels efforts politiques. 

Les attaques sur la participation des femmes trans s’inscrivent dans une certaine continuité historique. Depuis un siècle environ, les organes régulateurs du sport féminin tentent de créer un cadre strict, auquel le corps des athlètes devrait absolument se conformer. Après avoir imposé des tests de féminité à toutes les participantes pendant des années, sous la forme d’examens gynécologiques ou d’analyses chromosomiques, ce sont les niveaux de testostérone des femmes que les fédérations se sont mises à scruter de plus en plus près. 

Les athlètes intersexes ont été particulièrement visées par cette obsession. Cela s’est notamment observé en athlétisme, où ces athlètes sont confrontées à des taux de testostérone imposés par World Athletics significativement plus bas que leurs taux naturels. Pour participer aux compétitions, elles sont ainsi forcées d’abaisser leurs taux en prenant des traitements aux conséquences parfois délétères sur leur santé. 

Pourtant, alors même que les athlètes trans se conformaient parfaitement aux métriques qui étaient imposées à leurs consoeurs et elles-mêmes, les fédérations sportives ont choisi de créer des règlements spécifiques. Elles ont empêché la participation des athlètes trans, et ont ajouté la transphobie à leurs politiques déjà misogynes.

Toutes les femmes ont leur place dans le sport, qu’elles soient cisgenres ou trans, intersexes ou non. Seules leurs performances dans leur pratique de prédilection devraient constituer un critère d’accès aux compétitions de haut niveau. Les tests antidopage devraient être les seuls imposés aux athlètes, et la diversité de leurs corps devrait être célébrée plutôt qu’encadrée.

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